Gérard Collomb, de Lyon et d’ailleurs



Discours digne « d’un candidat à la Présidentielle », rappelant le « Sarkozy de 2007 »… Certains commentaires sur la prestation de Gérard Collomb lors de la traditionnelle présentation des vœux, témoignent de l’effet produit par le discours tenu.
Le maire présente ses vœux aux Corps constitués. Un moment institutionnel convivial. L’édition 2011 retient l’attention car l’assistance comprend qu’il définit une vision politique d’un responsable inscrit dans une autre perspective. Y a-t-il lieu d’être surpris ? Non point ! Sur son blog, Gérard Collomb nous donne rendez-vous dans quelques semaines avec la sortie de son livre « Quand la France s’éveillera »... Un livre longtemps préparé, dont l’écriture toujours plus précise, ciselée, est le reflet des idées lancées lors des multiples interviews et rencontres de presse réalisées dans la Capitale.
Il est frappant de voir la référence à Lyon, sa ville, ponctuer chacune de ses interviews. Lyon constitue le socle de sa légitimité, celle lui autorisant l’ambition de regarder ailleurs, la société, la France et plus loin encore.
Ses adversaires locaux tiennent à sourire de sa préoccupation dont ils ne mesurent pas les effets à terme. Personne ne peut ignorer le bouleversement politique qui se dessine sous les effets conjugués des crises (économique, sociale, morale). Et le discours tenu par Gérard Collomb montre que les lignes bougent. S’il tient à rappeler la dimension harmonieuse de la cité lyonnaise, c’est pour mieux appuyer sa vision du pays et du fonctionnement de ses institutions.
Il fait le constat de la faiblesse de l’Etat-nation et de fait, de la place de la France dans le monde. Il apporte deux réponses pour résister et s’engager dans la réussite des états continents émergents (Chine, Inde, Brésil). En premier lieu, il faut s’inscrire dans une logique européenne et non pas s’enfermer dans un égoïsme tricolore.
Enfin, il est nécessaire de créer une dynamique réactive et créatrice dans une vision de proximité celle de l’initiative locale car l’Etat ne peut tout mener de front.
Ce « girondisme » modernisé fait revivre l’esprit bruxellois d’une Europe des régions. Gérard Collomb va jusqu’à l’échelon des villes.
Ainsi, il témoigne de son esprit d’indépendance.
Fidèle à ses valeurs, il tient à montrer l’image d’un homme ouvert, soucieux de rassembler dans « une communauté humaine et solidaire » avec l’utopie au cœur, celle de réinventer le monde.
Le maire de Lyon a fixé désormais son regard sur un autre horizon celui de la société française où plusieurs défis sont à relever (défi social, défi écologique). Alors, il s’impose un nouveau devoir, « le devoir d’action ».
A suivre car aujourd’hui, personne ne peut plus ignorer sa détermination.

Yves Espaignet
yves.espaignet@wanadoo.fr