Le Progrès redresse la tête



Une bonne nouvelle ne retient que rarement l’attention dans l’univers de l’actualité. Pourtant celle-ci a provoqué un léger sourire de ma part, un sourire car cette information est positive. En effet, le groupe Crédit Mutuel vient d’annoncer que son pôle « presse » a dégagé des bénéfices pour l’exercice 2010. Une pensée pour tous les amis, journalistes, administratifs employés par ce « vieux » quotidien lyonnais.
J’ai souvent été exaspéré, lorsque je travaillais à la rédaction de ce journal, que nous étions inquiets sur notre avenir, par les nombreux papiers de confrères spécialistes des médias qui décrivaient les tourments du Progrès, l’érosion des ventes, la chute des recettes. Mon sourire d’aujourd’hui est venu d’une interrogation: seraient-ils aussi nombreux à analyser cette information ? Le Figaro, Lyon Capitale, d’autres certainement, ont traité la nouvelle.
Le Crédit Mutuel explique, de façon sobre, que sa prise de direction a permis de mener des économies d’échelle, de mieux coordonner les achats de fournitures. Un zeste de rigueur allié au pragmatisme auquel nous habitue le secteur bancaire. Sans doute aucun, une nouvelle culture d’entreprise s’impose à l’échelle d’un pôle de presse dont le tirage de ses journaux le place en tête des groupes de presse français.
Surtout que jouant la carte de la transparence, il ne dissimule pas que l’érosion des ventes perdure ; seuls l’Alsace et le Progrès (je tiens à le souligner) ont dégagé de meilleures rentrées.
Derrière les lignes d’un communiqué, figurent aussi les bouleversements liés à ce changement de culture, les aménagements des services, les personnes repositionnées, mutées. Cette réalité de la vie des entreprises n’est pas à ignorer.
Le Progrès va mieux et l’ambition dévoilée est que cette tendance se poursuive en 2011. Un grand quotidien est un acteur indispensable dans la vie économique et culturelle d’une grande métropole. Aussi que le Progrès retrouve toute sa place, il possède toutes les « ressources humaines » dans sa rédaction.

Yves Espaignet
yves.espaignet@wanadoo.fr