Que serait l’actualité lyonnaise sans J.M. Aulas ?



Le rayonnement médiatique d’une ville se mesure par l’importance du nombre des dépêches de presse la concernant. Il faut bien admettre que l’image de Lyon se définit plus autour de la marche du club de l’Olympique Lyonnais que de son positionnement dans le domaine économique, malgré la vitalité des entreprises innovantes, la dynamique des laboratoires de recherche ou encore l’imagination de sa vie culturelle. Les Lyonnais qui font le « buzz » sur la toile infinie du web sont le plus souvent pour ne pas dire essentiellement les joueurs du club, l’entraîneur et bien sur, le président, Jean Michel Aulas.
Chacune de ses interventions, le moindre geste, encore plus lorsqu’il s’agit d’une claque donnée, constituent le sommaire des émissions où des « spécialistes » décortiquent l’actualité sportive. La chute annoncée après la défaite du symbolique centième derby avec l’ASSE, la crise de confiance à l’égard de l’entraîneur, le dossier d’un grand journal des sports qui arrive au moment où le club semble repartir, la publication des comptes d’OL groupe dévoilant une baisse de 35 millions d’euros du CA, le dossier du Grand Stade plongé dans un univers d’incertitudes stimulant les énergies des opposants… rien de ce qui concerne l’OL ne peut échapper aux projecteurs de l’actualité. Hier encore, le succès contre la sympathique équipe toulousaine qui est loin d’être la plus brillante du championnat, a été commenté comme le retour spectaculaire du club lyonnais avec à la clé un propos souriant de son président.
A titre personnel, cette victoire qui n’est qu’un épisode du long feuilleton du championnat, a suscité un instant de satisfaction pour le supporter et mais également de curiosité pour le journaliste attendant les commentaires des divers supports d’information.
Faut-il s’offusquer de cette situation quasi-monopolistique du club dans la couverture médiatique ?
Un intérêt collectif existe, celui de parler de Lyon par le biais de son équipe de football. C’est vrai mais il ne permet pas de montrer la réalité de la métropole lyonnaise. De plus plusieurs enquêtes d’intérêt ont mis en évidence que la vie sportive suscitait un partage du public en deux camps comparables.
Alors ne parlons plus de l’OL, du stade, de son président !
Quels sujets méritent d’être avancés tant ils sont oubliés par les médias. La réhabilitation de l’Hôtel-Dieu, le plus bel exemple d'architecture sociale du Siècle des Lumières est-elle une question d'actualité qui dépasse les frontières de la ville ? Les lumières du 8 décembre et les illuminations constituent un rendez-vous européen spectaculaire et fugace ; pourtant des acteurs économiques comme le cluster Lumière cherchent à créer une dynamique permanente. Les actions de Lyon Biopôle sont des moments forts de la vie scientifique mais ne sortent pas de la sphère des sciences et de la santé même si leurs échos dépassent l’Hexagone.
Les Biennales de la Danse et de l’Art contemporain sont des événements affirmant l’image internationale de Lyon mais ils restent deux temps d’exception qui n’en font pas une capitale culturelle assez forte pour concentrer en permanence les projecteurs de l’actualité.
La priorité donnée aux éco-constructions comme à la Confluence, les réussites de l’incubateur Créalys soutenant des jeunes entreprises ne donnent pas encore à la ville la dimension d’une cité de l’innovation.
L’utopie au sens noble du terme d’être une métropole européenne ne suscite pas une permanence de ce débat au sein des responsables lyonnais.
La place de l’OL sur la scène médiatique a demandé d’accomplir un parcours d’exception et surtout de résister à l’épreuve du temps avec comme moteur la volonté d’un homme. L’enseignement est simple.

Yves Espaignet
yves.espaignet@wanadoo.fr