Christophe Gruy (PDG du groupe Maïa) veut affirmer la place des ETI



Christophe Gruy

« Ces ETI tiennent une place déterminante dans le dynamisme économique de notre pays. Leur poids est enfin reconnu » (voir tableau) précise en préambule C. Gruy. Pour lui, elles devraient retenir l’attention des Pouvoirs Publics car « elles ont un spécificité dans la structuration de leur capital ; ce sont des entreprises patrimoniales dont le capital appartient à des personnes physiques, acteurs au sein de l’entreprise. Tel est le cas de Maïa, nous investissons et prenons des risques. Ces décisions nous engagent directement ». Et d’insister sur les responsabilités prises par un chef d’entreprise :« seul à la tête de son entreprise, il a l’obligation de conduire son ETI en regardant à 10 ou 15 ans pour anticiper les évolutions techniques, les marchés. Il n’a pas le regard fixé sur l’exercice à un an comme dans certains grands groupes ». Une pic décochée avec le sourire mais elle traduit sa volonté de faire respecter ces ETI que beaucoup placent trop facilement entre les piliers Cac 40 et les PME : « alors que nous sommes des acteurs du territoire qui contribuent à l’activité des régions ». Une manière de rappeler que les ETI privilégient l’investissement au dividende pour assurer leur compétitivité. Il voudrait voir également de nouveaux rapports s’établir entre les ETI et le grands groupes et de nouvelles règles dans l’attribution des marchés publics importants être appliquées: « l’Etat devrait favoriser une meilleur accessibilité de toutes les entreprises dans ses appels d’offres ». Il parle d’une éthique économique à conforter qui explicite son propos sur le respect. Dans la même logique de pensée, lors de la présentation de ses 18 propositions (voir article joint), il évoque le patriotisme économique allemand sur la question du soutien à l’international : « les grands groupes allemands amènent avec eux dans leurs délégations à l’étranger des dirigeants des ETI qui travaillent avec eux. C’est loin d’être le cas en France ».
Christophe Gruy voudrait que les comportements changent devant les enjeux représentés et ce d’autant plus rapidement que la crise se fait toujours sentir et que sont connus les tristes perspectives de croissance pour 2013 !

Yves Espaignet

REPERES/ Le groupe Maïa : « l’indépendance est notre énergie ».
Groupe indépendant français, Maïa (capital social de 50 M €) s’est spécialisé dans les métiers de la conception et de l’ingénierie tant dans la construction-btp, que dans les énergies renouvelables. A ses métiers reconnus, il allie les problématiques du financement et de l’exploitation des projets qui lui sont confiés. C’est une ETI employant 400 personnes, dont plus de 170 ingénieurs dont le chiffre d’affaires est de 98M€. Le groupe Maïa revendique son indépendance car le capital est détenu par son PDG, Christophe Gruy et les principaux cadres d’où un fonctionnement s’appuie sur une responsabilisation dynamique de ses dirigeants comme l’explicite son slogan « l’indépendance est notre énergie ».
Le groupe s’est structuré en pôles d’activité. Le pôle Energies comprend plusieurs filiales dont Maïa Eolis,qui intervient dans tous les domaines des énergies renouvelables (hydroélectricité, solaire, éolien). Maïa tire sa force de la globalité de son intervention dans la réalisation des projets industriels de production d’électricité (conception, financement, construction, exploitation).
Le pôle Construction&Infrastructures, via Maïa Sonnier et ses filiales, est acteur reconnu dans les domaines du génie civil, du génie urbain, des ouvrages d’art et des barrages (dernière réalisation à Roanne).
Enfin, un troisième pôle MAÏA Immobilier veut affirmer la place du groupe dans les secteurs de l’immobilier d’entreprises et des installations industrielles mais aussi dans l’agencement urbanistique (projet d’hôtel à Lyon).
La priorité première du groupe reste son développement dans le domaine des énergies renouvelables. L’objectif d’ici fin 2020 est la mise en service de plus de 550 Mégawatts.