La nouvelle donne pour développer les ETI françaises



Eoliennes de Réfroy construites par l'ETI MAÎA

Une liste nationale des ETI et un recensement des PME à fort potentiel

Le bénéfice du label ETI ouvrirait l’accès à un « dispositif spécifique d’aide et d’accompagnement ». Une liste nationale des ETI, précisant notamment l’identité de l’actionnaire principal, serait disponible, sur le site du Ministère de l’Economie.
Cette logique d’identification doit impérativement être suivie par un soutien aux PME pouvant devenir des ETI et ce, via une détection des pme à fort potentiel par un outil de diagnostic (avec le concours de l’entreprise publique de financement des Pme : Oséo) ouvrant ainsi l’accès à un accompagnement personnalisé qui porterait sur le soutien au chef d’entreprise « dans la prise de décisions stratégiques et la définition d’un business plan », mais aussi dans le renforcement de ses compétences notamment dans le management comme l’aide au recrutement.

Soutiens techniques, du financement au regroupement

Ces deux actions structurantes doivent alors relayées par des dispositifs plus techniques, des leviers tout aussi déterminants. Ainsi, l’atténuation des effets de seuil du nombre de salariés (50, 250, 300) est une obligation pour favoriser la croissance en taille puisque : « les PME perdent l’accès à des aides européennes à partir de 250 salariés et doivent faire face à d’autres obligations à partir du seuil 300 ».
Permettre de renforcer les fonds propres conditionne le développement de l’ETI ; afin d’aller dans ce sens, une nouvelle politique fiscale est préconisée pour « les bénéfices laissés en réserve ou directement positionnés en capital social ». L’objectif est d’amener les ETI à posséder au final au moins 30% de fonds propres par rapport à leur chiffre d’affaires.
Dans le même temps, s’effectue une mobilisation des ressources de l’épargne dans une logique de rendement à moyen et long termes.
Plusieurs propositions plus spécifiques constituent l’environnement de cette nouvelle donne économique. L’incitation au regroupement d’entreprises, l’accès plus aisé aux grands marchés publics, le soutien de la R&D, y compris sur les projets portées individuellement par l’entreprise, le renforcement de la propriété industrielle, l’encouragement d’une démarche à l’international sont autant de points venant en appui d’une politique économique en faveur des ETI.

La question clé de la transmission

Reste la question de la transmission de l’entreprise, une entreprise dite indépendante avec un chef d’entreprise détenteur majoritaire du capital. Aux allégements de la fiscalité dans le cadre d’une transmission « à une personne physique connaissant bien l’entreprise ou venant du même secteur », solution reconnue comme étant le « plus durable pour l’économie », s’ajoute la préconisation d’un audit stratégique tous les 5 ans, dés lorsque le dirigeant actionnaire a atteint l’âge de 50 ans : « cet audit stratégique lui permettrait d’établir un diagnostic de son entreprise, d’étudier les différentes formes de transmission à sa disposition ».
Enfin une proposition plus originale, dans une volonté de rapprocher les futurs décideurs de l’Etat des ETI et les sensibiliser à cette problématique stratégique, Christophe Gruy avance l’idée de stage en cours de scolarité pour les élèves des grandes écoles administratives ou scientifiques.

REPERES/ Ces « Intermédiaires » stratégiques pour l’économie nationale

Les ETI (entreprise de taille intermédiaire) sont au nombre de 4700 en France et représentent le tiers de l’emploi industriel. Le concept d’ETI est récent puisqu’il apparait avec la Loi de modernisation de l’économie de 2008. Sont regroupées dans cette catégorie les entreprises comptant plus de 250 salariés et moins de 5000, réalisant au minimum un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros.
La DGCIS (Direction générale de la compétitivité de l’industrie et des services) montre une répartition homogène sur l’ensemble de l’Hexagone avec une concentration autour des grandes agglomérations : « elles jouent donc un rôle structurant dans l’économie régionale et plus globalement, dans l’animation des territoires. Les dirigeants sont souvent des « enfants du pays », fortement impliqués dans la vie associative et professionnelle locale ».
Ces dirigeants privilégient le long terme et la culture d’entreprise à taille humaine favorise les relations sociales. Mais les enquêtes le montrent, le nombre d’ETI est insuffisant en France : « proportionnellement au nombre d’habitants, il y a une fois et demie plus d’entreprises de taille intermédiaire en Allemagne qu’en France, et deux fois plus au Royaume-Uni ». Elles souffrent de la confiance des investisseurs. Aussi des voix s’élèvent pour dénoncer cette situation paradoxale d’un potentiel économique déterminant pour notre économie non pris en compte par des dispositions spécifiques.