Laurent Fiard/ Une logique de combat



Il a su trouver les mots justes pour rendre hommage à Bernard Fontanel ; son prédécesseur à la tête du Medef Lyon-Rhône lui laisse une organisation forte de plus de 1.000 adhérents et de plusieurs milliers de sympathisants, bénéficiant d’une écoute croissante des milieux économiques de la métropole. Laurent Fiard est vite entré dans la fonction de président (un mandat d’une durée de 3 ans), d’ailleurs son entreprise Visiativ, installée à Charbonnières, a attiré à la mi-juin une manifestation protestataire des intermittents du spectacle.

La difficile période présente place la question de l’emploi au centre des préoccupations ; c’est justement sur ce sujet qu’il s’est positionné de façon remarquée, en évoquant un gisement de 100.000 emplois en Rhône-Alpes. Et Laurent Fiard d’exprimer la volonté « d’être dans une dynamique de combat. »
En effet, il considère que des leviers de croissance existent par l’innovation et ce, dans tous les secteurs d’activité. Alors, il défend une logique d’action visant à « favoriser les regards croisés et mener un travail collectif. », une logique éprouvée, tant la conduite de son entreprise qu’à la tête du Cluster Edit, regroupant la filière numérique de la création et l’édition de logiciels.
Il veut écouter et rassembler les entreprises de la start-up au groupe de dimension internationale. car pour lui, cette stratégie de dialogue est le catalyseur d’une démarche concertée auprès notamment des Pouvoirs Publics pour initier des projets nouveaux.

Fidèle à lui-même, il introduit un changement d’attitude, marqué par l’ouverture d’esprit. La maison Medef se doit d’être une force de propositions, de le faire savoir et de le faire partager. Lui qui en 2012, en arrivant à la présidence du Cluster Edit, revendiquait l’objectif « d’agiter l’écosystème rhônalpin » afin de générer des jeunes entreprises innovantes, veut « faire émerger de nouveaux viviers » et tient à voir l’entrepreneuriat pleinement reconnu et valorisé.
Sa détermination s’appuie sur ce principe cher au secteur du numérique : évoluer ou disparaître. Laurent Fiard, âgé de 49 ans, appartient à une génération de décideurs se fixant sans cesse de nouveaux objectifs. Ainsi, la conduite de l’entrée en bourse (en mai dernier) de son entreprise Visiativ, cofondée avec Christian Donzel, lui a permis de rappeler le cap fixé : atteindre un chiffre d’affaires supérieur à 75 millions d’euro en 2016. (50 millions en 2013). Un pas de géant dans la dynamique de croissance d’une société employant 300 personnes, dégageant des marges à deux chiffres depuis le début de la crise pour devenir « un acteur majeur de la transformation numérique des PM.E et des ETI (entreprise de taille intermédiaire). »

Ses formations de financier et de spécialiste du marketing lui permettent de susciter la confiance, notamment par une politique de transparence appréciée par les analystes boursiers.
Sa culture d’entrepreneur l’a conduit à être également présent sur les réseaux sociaux où il aime mettre en avant des sujets de réflexion sur le monde économique et ses évolutions. Dans une vision prospective, il avait défini l’entreprise de demain: « l'usine du futur devra intégrer un cycle de vie très court, de l'idée à la fabrication du produit. » (1) Pour y parvenir, elle aurait à assurer une mise en relation en temps réel de tous les acteurs d’où l’importance du numérique.

Mais Laurent Fiard n’ignore pas qu’il est désormais attendu sur les dossiers plus immédiats notamment le soutien aux entreprises dans cette période de faible croissance, ou encore ceux des dossiers d’aménagement de la métropole. La fonction expose aux critiques, nul doute sur sa connaissance de cette réalité.

Y.E.
(article publié dans Lyon people)