Portrait/ Olivier Giscard d’Estaing , un temps d’avance



Olivier Giscard d'Estaing, né à Paris le 30 décembre 1927, est un homme d'affaires et homme politique français. Il est conseil pour l'avenir du monde et président du comité pour un parlement mondial (1995).
Tout est dit ! Non point car Olivier Giscard d’Estaing (OGE) n’a eu de cesse de scruter le monde et ses évolutions depuis son cursus universitaire aux USA à la fin des années 40 lorsqu’il sort de la traditionnelle voie familiale (ENA, Inspection des Finances, Ecole Polytechnique) pour aller à Harvard. Il ne sait pas encore que ce voyage va initier sa réflexion sur le monde.
Il engage une démarche de pionnier pour l’époque ; l’aventure est réelle en « terre américaine inconnue » sans visa de séjour, avec un voyage en stop vers le Canada pour prendre un job de chauffeur livreur afin de payer ses études.
De la prestigieuse Harvard, diplôme en poche, il déclare avoir retenu tout particulièrement cet esprit d’association « des professeurs ne prétendaient pas apporter leur vérité et leurs connaissances leur but était de vous pousser à vous définir vous-même avec les autres… ». Bien loin du mandarinat de nos universités à la même période…
De retour en France, il n’est pas encore question de créer une école de management sur le modèle d’ Harvard, il complète son parcours par des responsabilités dans plusieurs entreprises. La première est à retenir, elle concerne la sidérurgie, aux Acieries de Pompey. Que faire d’un diplômé américain en management dans une usine de ce en 1951 ; pour un ingénieur il n’ y a aucun problème mais pour un manager, vous acceptez alors un poste d’ouvrier métallurgiste.
Cela sera une découverte sous un autre prisme du monde l’entreprise de ses relations dans le travail. Une expérience dont les enseignements seront retenus lorsque vous vous poserez la problématique de la formation des dirigeants.

C’est avec Claude Janssen et un franco-américain, le Général Doriot, qu’il ouvre une nouvelle voie de formation au management d’entreprise avec la création de l’insead (l'Institut européen d'administration des affaires) en 1959 dont il devient le directeur jusqu’en 1966.
L'Institut européen d'administration des affaires (INSEAD) est une école privée de management commerce ( 4 au classement mondial, 1ère hors USA par Business Week, 2ème hors USA par le Financial Times 2011) qui compte désormais trois campus à Fontainebleau à Singapour et à Abou Dabi. L'INSEAD possède aussi un centre en Israël et des bureaux à New York, aux États-UnisEnfin, l'INSEAD est engagée dans une alliance avec l'école de management américaine Wharton et dans une collaboration pour un programme Executive MBA avec l'université Tsinghua à Pékin en Chine.

Il est resté fidèle à l’école en prenant la présidence de la fondation INSEAD.
Dans son parcours, la politique ne pouvait être absente mais la parenthèse politique ne durera que de 1969 à 1973.
Le monde des entreprises devient le moteur premier de sa réflexion surtout dans leurs évolutions face aux réalités et aux révolutions internationales.
Une réflexion dévoilée dans un entretien publié par les Annales de l’Ecole des mines en 1999 dans lequel il insiste sur les effets du plan Marschall avec ses crédits d’équipement : incitation à agir autrement et internationalement, la marche européenne vers l’Union Europénne, la mise place de l’OMC conduisant à un rapide repositionnement autre que le repli hexagonal des groupes français après la décolonisation au début des années 60.
Sa réflexion aujourd’hui en 2012 qui porte sur le parcours accompli, résumé dans la bouche du personnage Olivier Couturier dans votre dernier livre « le réveil des peuples » de mars 2012 : « Mon enfance a été marquée par un sentiment de la suprématie française dans tous les domaines. Ma jeunesse a été marquée par la défaite et nos désunions politiques. C’est au cours de ma maturité que j’ai eu la chance de participer à sa reconstruction, sa modernisation et à sa contribution à la construction européenne
Il n’est pas étonnant que cette approche le conduise dès 1986 à participer à la mise en place des entretiens de Caux en Suisse. Après Harvard, il s’agit d’un autre moment décisif. Il crée « La table ronde de Caux » avec de grands dirigeants comme messieurs Philips,(pdg de Philips) et Kaku (pdg de Canon). Ce cercle de débats souhaite favoriser des pratiques de responsabilité sociale des entreprises et présentera un code au sommet social de l’ONU en 1994
Cette logique le conduit à la présidence du comité pour une parlement mondial fondé en 1995 où il reçoit le soutien de personnalités comme Jacques Delors, Sonia Gandhi, Président du Parti du Congrès d'Inde, Valéry Giscard d'Estaing, , Felipe Gonzalez, , Nelson Mandela, Shimon Peres, Mario Soares et Gaston Thorn.
Et puis comme à chaque étape de sa réflexion il présente un livre, le dernier « Réveil des peuples » un essai de politique fiction ou le fils d’Olivier, Jean couturier tient sa chronique 2025 2075
Et qui fait sien ce propos : « tout est possible .»

Le Réveil des Peuples édité chez la Compagnie littéraire

Yves Espaignet