Renault Trucks se « relocalise » en France



Les sites de Bourg en Bresse et Vénissieux sont concernés/d.r.

Il ne s’agit que d’une partie de la production de Renault Trucks, groupe appartenant désormais au constructeur suédois Volvo mais il est porteur d’une valeur symbolique. Volvo a annoncé la fin de son partenariat en Turquie avec le constructeur Kazan en raison du rapatriement de la production destinée au marché turc. Cette logique s’inscrit dans le processus stratégique dévoilé en juin dernier à Eurexpo Lyon où les dirigeants de Volvo et Renault Trucks avaient présenté la nouvelle gamme des camions pour se relancer sur le marché international. Depuis cette date, toute la gamme (6 modèles) a changé, exigeant une réorientation de la production sur des sites modernisés afin de gagner également en compétitivité. Les sites français ont été retenus et transformés : « les moyens industriels ont été fortement renouvelés. 150 millions d’euros ont ainsi été investis en France, à Lyon (Rhône), à Bourg-en-Bresse (Ain) et à Blainville-sur-Orne (Calvados) ». Renault Trucks avait alors précisé qu’une nouvelle ligne de grosses presses pour fabriquer les pièces des nouvelles cabines des ses véhicules avait été installée à Lyon-Vénissieux pour fabriquer les pièces des nouvelles cabines. Le site de Blainville-sur-Orne a été équipé de plusieurs lignes de fabrication quant à celui de Bourg-en-Bresse, il s’est agit d’une confirmation de ses installations développées et opérationnelles depuis trois ans. C’est justement le centre bressan qui devrait assurer la production relocalisée (800 véhicules supplémentaires).
Dans son communiqué d’août dernier, le groupe Volvo explique qu’il n’était pas question pour lui de moderniser le site de son partenaire turc car il cherche à rationaliser globalement ses coûts de production et fait le pari de gains significatifs de productivité avec les sites français. En revanche, il restera présent en Turquie avec « 25 ateliers en Turquie, en plus d'un centre de distribution de pièces de rechange et les concessionnaires de camions desservant la population croissante des camions Renault et Volvo ». Ainsi d’autres relocalisations partielles devraient suivre afin de gagner en compétitivité en atteignant le seuil de production espéré.
Cette logique vient se heurter au discours fataliste martelée depuis des années par les responsables socioprofessionnels et politiques d’une France incapable de s’adapter aux exigences de la mondialisation par son coût du travail et sa fiscalité. Le groupe suédois ne donne pas le sentiment de se lancer dans une aventure non préparée car ce changement stratégique est analysé depuis plusieurs années. Il l’effectue dans un cadre de contraintes réelles celui de repositionner Renault Trucks et de lui faire retrouver des parts de marché perdus. La rationalisation de ses sites français, le travail sur la qualité menée pour réaliser la nouvelle gamme (500 véhicules tests produits avant lancement de la production) visent à lui permettre de gagner ce pari. Il lui restera à gagner la bataille commerciale, la plus délicate, pour pérenniser les usines françaises.

Y.E.

La qualité par simulation informatique

Pour gagner le pari de la qualité, Renault Trucks a effectué des tests sur route et dans son centre de Lyon La Valbonne. Sa plateforme de réalité virtuelle lui a permis d’étudier la visibilité d’un chauffeur en fonction de sa taille et de son poids. Elle a autorisé, en amont de la production du premier prototype, à « définir les formes et l’agencement des commandes sur la planche de bord ou des rangements, mais aussi la taille du pare-brise ou le positionnement des rétroviseurs », explique Thierry Hours, vice-président en charge du renouvellement des gammes longue distance et construction. La modélisation en 3d des cabines, utilisée en F1, a été associée dans les études des nouveaux véhicules, ainsi que le passage en chambre électromagnétique pour vérifier la fiabilité de l’informatique embarquée. Ainsi a été préparée la nouvelle génération de véhicules.