Robotique/ L’essor de la filière française



Il n’a eu de cesse de marteler que la « robolution », allait constituer une nouvelle révolution économique avec l’apport de l’intelligence dite artificielle aux objets par le biais d’une nouvelle industrie. De cette utopie se dégage désormais des perspectives économiques réelles et vastes. Bruno Bonnell a gagné son pari de la sensibilisation. Depuis octobre dernier il doit gagner le pari de la réalisation car il a été nommé désormais le chef de projet robotique, un projet dont l’ambition est de constituer une véritable filière industrielle française. Il devrait faire le point d’étape de sa mission lors du salon.
En effet, cette nomination est une reconnaissance de l’action accomplie tant à la tête de son entreprise de robotique, Robopolis, que de sa détermination à faire du salon Innorobo, un des grands rendez-vous internationaux de la filière et une vitrine des réalisations françaises.
Il ne faut pas oublier que l’édition 2013 d’Innorobo avait été marquée par l’annonce d’un plan robotique national doté de 100 millions d’euros par Arnaud Montebourg. Lors de sa visite, le ministre du Redressement productif avait affirmé : « La France a pour objectif de saisir l’opportunité de la « nouvelle robotique industrielle », où le robot devient le collaborateur de l’humain sur son lieu de travail et améliore la productivité et compétitivité des PME.. ».
Il s’agit d’un enjeu majeur puisque le marché mondial de la robotique de services devrait passer de 10 milliards de dollars à plus de 100 d’ici 2020.
Aussi Bruno Bonnell tient à ce que la France s’inscrive dans la logique d’action des pays les plus actifs sur ce créneau stratégique (Japon, Corée, USA) pour figurer dans le top 5 à cet horizon. Il n’oublie pas Lyon car les premiers états-généraux de la robotique se dérouleront lors des journées du salon, constituant un prolongement direct des volontés affirmées lors de l’édition précédente. Enfin, il a annoncé dans un entretien publié par Le Progrès que deux grandes écoles lyonnaises vont lancer des formations bac +5, que plusieurs entreprises devraient s’installer à Lyon en 2014 et qu’un incubateur de jeunes entreprises innovantes devrait voir le jour. Et point à souligner qu’il rêvait « d’un bac pro robotique » pour avoir des techniciens qualifiés aux côtés des ingénieurs.
Y.E.


Le secteur de la robotique de services devrait être multiplié par 10 d’ici 2020

Catherine Simon, directrice du salon et présidente fondatrice Innoecho a défini les enjeux économiques que représente désormais la filière robotique tant dans les domaines de la robotique industrielle que celle des services.
La robotique industrielle est la plus connue, car la plus ancienne ; elle est notamment liée à la modernisation de l’industrie automobile et s’appuie sur de forts programmes d’équipement. Son marché mondial est estimé à 26 milliards de dollars. Ses perspectives de développement sont fortes car le taux d’équipement moyen mondial est de 58 robots pour 10.000 emplois dans l’industrie. Le plus fort taux est européen, 80/10.000, suivi par celui des USA 68/10.000. La plus forte progression de ventes de robots industriels entre 2005 et 2012 a été enregistrée en Chine avec une croissance annuelle de 25%. La robotique industrielle se diversifie à d’autres secteurs d’activité que l’industrie automobile. Plusieurs pays émergents démarrent leur équipement.
Cependant, le plus spectaculaire reste l’essor de la robotique de services, par la diversité des applications. Plus récente, son marché mondial est estimé à 4,65 milliards de dollars. La dynamique de réalisations s’exprime le plus fortement dans le domaine médical avec une croissance de 20%. Ce seul secteur d’activité représente 40% du marché de la robotique de services. Il est suivi par celui de la robotique de terrain qui concerne plus directement le domaine agricole et celui de l’exploration (25% du marché).
La possibilité de croissance des robots médicaux et de logistiques sont considérables mais il faut suivre le développement de la robotique d’assistance personnelle et ce lui des robots de loisirs et de services domestiques.